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ANIA  ABRASHINA

Dessin, gravure, peinture, illustration, performance, installation


Née en 1977 à Léningrad en URSS.

2002-2003 Ecole Nationale Suprieure des Beaux-Arts, Paris France
1996-2002 Ecole Nationale des Beaux-Arts de Stieglitz, Saint Petersbourg Russie



Expositions, performances en France:

• 2024
→ 1 au 24 novembre
exposition collective Artistes marginaux. Illustrations non censurées, Grande Librairie Internationale, Marseille

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In progressu

« Allô Préfecture, mon numéro d’étranger est… » |
  Série d’estampes

Pointe sèche sur tétrapak, épreuve d’artiste, 2025.


En théorie de l'évolution, il existe le terme Conflit du réfugié : les organismes marins jetés sur le rivage accumulent de l'eau pour survivre quelque temps.  

Qu'est-ce que j'accumule en moi ? La colère, l'incertitude, le ressentiment ou l'ouverture aux nouvelles circonstances, le désir de découvrir, l'intégration complète dans la société ?

Allô Préfecture est une étude des expériences et du monde intérieur des réfugiés (exilés), des personnes qui, comme des organismes marins jetés sur le rivage, se trouvent temporairement entre le passé et l'avenir, entre la patrie d’origine et une nouvelle vie.

Le titre du projet fait référence à l'idée d'un appel téléphonique à la mairie Allô Mairie (symbole de l'ordre administratif et de la structure) pour résoudre une situation inconfortable de la vie quotidienne. Mais au lieu d'un contact avec l'autorité, la plaque affiche un « numéro d'objet inutile » / mon numéro d’étranger – une métaphore de l'identité perdue, de l'invisibilité et de l'aliénation.

J’entends, je vois, je parle avec mes collègues exilés.
Tour à tour psychologue ou assistante sociale,
je leur offre une nouvelle identité.








ARTISTES MARGINAUX |  Illustrations non censurées.

Un projet artistique contre la censure dans la littérature, l’édition et l’art.
Œuvres classiques d'écrivains russes illustrées par des artistes contemporain.es.

La tentative de l'artiste de découvrir et de surmonter son censeur intérieur, d'exprimer son point de vue et ses sentiments en lisant les textes qui l'accompagnent depuis l'enfance, en utilisant la plus ancienne méthode d'illustration de livres - les marginalia*.

*Un marginalium, plur. marginalia (du latin: margo, marginis: marge), est une note, un dessin ou un signe tracé en marge d'un texte manuscrit par le copiste apportant un complément d'information ou le lecteur universitaire ou liturgiquedésireux d'apporter ce complément, le lecteur souhaitant ajouter une pensée, une opinion, un enseignement au document. La marge est alors un lieu que l'annotateur peut investir sur ordre ou de son propre chef. Le terme est parfois utilisé pour désigner des enluminures décoratives dans les marges des textes médiévaux. Certains prennent alors la forme de drôlerie sans rapport avec le texte.

ARTISTES MARGINAUX |  Daria DOUKHAVINA (commissariat), Aleksei VASILIEV (Idée), Ania ABRACHINA (ABRASHINA), Daria YURISHCHEVA, Lerka MASLOVA, Lucy SIBIRTSEVA

Avec le soutien de l'Atelier des Artistes en Exil, de l'Institut Français et de la Grande Librairie Internationale de Marseille


Nicolaï GOGOL, La perspective Nevsky par Ania ABRACHINA :

« À Saint-Pétersbourg, j'habitais dans la rue Perspective Nevsky, un lieu sacré pour moi, plein de mysticisme et d'irrationalité. J'ai donc toujours considéré l'histoire de Gogol, « La perspective Nevsky », comme un texte sacré. C'est ce qui m'a encouragé à travailler sur les illustrations incunables. J'ai utilisé la police de caractères et quelques images des vitraux que Louis Barillet a réalisés pour la Basilique Saint-Sauveur de Dinan et, comme texte marginal mais apocryphe, les paroles de la chanson «Я так соскучился» (« Tu m'as tellement manqué ») du groupe russe Pornofilmi (en Russie, le leader du groupe est reconnu comme un « agent étranger »). Pour moi, cette chanson est inextricablement liée à Nevsky Prospekt / La perspective Nevsky, car tous les quarts d'heure, des musiciens de rue la chantaient sous ma fenêtre. »

















001.    Rituels*. Mon jardin n'a pas de racines

Anna Abrashina et Vladimir Majouga avaient l'habitude de s'occuper des plantes de leur jardin en Russie. Contraints de fuir leur pays suite à l'invasion en Ukraine, les deux artistes ont continué leur pratique de jardinage en faisant pousser des plantes abandonnées qu'ils trouvent dans la rue. Cette pratique est devenuepour eux un rituel de soin. À travers cette pièce, ils cherchent à créer l'illusion d'un nouveau jardin en France, à partir de plantes sans racines. Les plantes et leurs racines deviennent des symboles de la mémoire humaine. Le psychisme humain a pour particularité de pouvoir accumuler et stocker des expériences, des informations; cependant cette particularité est marquée par ses limites. En effet le flux constant de nouvelles informations affaiblit les connexions neuronales et d'anciens souvenirs sont effacés. L'exil marque une rupture forte dans la continuité de ce flux d'informations, les rituels anciens s'effacent pour laisser place à de nouvelles habitudes.
À travers ce paravent qui agirait comme un écran protecteur, les artistes imaginent une façon de faire le lien entre les anciens et les nouveaux modes de vie, afin de ne pas oublier ou regretter. Ils nous invitent ainsi à prendre part à leur rituel de soin. 

*avec le soutien de l'Institut Français et de l'Atelier des Artistes en Exil
001.    Rituals*. My garden has no roots

Anna Abrashina and Vladimir Majouga used to look after the plants in their garden in Russia. Forced to flee their country following the invasion of Ukraine, the two artists continued their gardening practice by growing abandoned plants they found on the street. For them, this practice has become a healing ritual. Through this piece, they seek to create the illusion of a new garden in France, using rootless plants. Plants and their roots become symbols of human memory. The human psyche is unique in its ability to accumulate and store experience and information. The constant flow of new information weakens neuronal connections, and old memories are erased. Exile marks a sharp break in the continuity of this flow of information, as old rituals fade away to make way for new habits. Through this screen, which acts as a protective shield, the artists imagine a way of bridging the gap between old and new ways of life, so as not to forget or regret. In this way, they invite us to share in their ritual of care.

*with the support of the Institut Français and the Atelier of Artists in Exile



0001.    À travers


«Je dédie ce projet à tous mes collègues volontaires, mes ami.e.s, à ceux qui ont été contraints de quitter leur pays et de vivre en exil, et à ceux qui sont restés en Russie et continuent d'aider malgré le danger imminent.»



À travers, tiges métalliques et téléphones portables, dimensions variables, projet réalisé en collaboration avec Vladimir Majouga, 2022



MAZHUGA

13001 Marseille

33 Rue de la Rotonde
Tel./ e-mail:

+33745649912
abrachina@gmail.com